samedi 26 septembre 2015

Je ne sais pas dire je t’aime

Quand on ressent de l’amour, l’exprimer devrait être facile. Or nombreux sont celles et ceux qui n’osent, ne peuvent, ne veulent prononcer ces simples mots.

«Je suis une amputée du “je t’aime”, raconte Géraldine, 32 ans. Je voudrais le dire à mon chéri, à mes parents, je voudrais le hurler même parfois. Mais rien à faire : ça reste là, coincé dans le fond de ma gorge. » D’où vient ce blocage?? Souvent de loin. « Le contexte affectif de l’enfance joue un rôle primordial dans l’expression des sentiments, explique le psychothérapeute Alain Delourme. Il n’est pas naturel, donc difficile, de dire son amour quand on ne l’a pas entendu, quand on a intégré que ça ne se disait pas ou qu’il valait mieux prouver ses sentiments plutôt que les exprimer. »


Autre argument avancé par Danielle Allais, psychanalyste et spécialiste du couple : « L’expression affective varie aussi en fonction de notre place au sein de la famille, de notre rôle dans la société. Aîné ou cadet, homme ou femme, on obéit à ce que l’on attend de nous. Jusque dans la façon dont on communique… ou non. » Le stéréotype du petit dernier surprotégé, comme le cliché de l’homme viril donc pudique ont encore de beaux jours devant eux.

mardi 22 septembre 2015

Couple : une entente sexuelle

Elle est une source d’épanouissement et une autre manière de se rencontrer. Mais comment garder une sexualité heureuse sur le long terme ? Voilà le défi qui s’impose à ceux qui veulent faire durer le plaisir.



Pourquoi c’est difficile
Vivre une relation durable et s’entendre toujours bien sexuellement : tous les couples en rêvent mais beaucoup en doutent. Pourquoi ? Parce que, passés les premiers temps de la relation, « le couple a le sentiment d’avoir déjà fait le tour de sa sexualité », constate la sexologue Catherine Solano. Ils savent quels gestes, quelles caresses leur donnent du plaisir, et ne passent plus que par ceux-là… « Or, le plaisir naît des variations », rappelle la sexologue.

La pudeur
Des années de vie commune n’empêchent pas la découverte de nouveaux plaisirs sexuels partagés. Mais, paradoxalement, elles tendent à accroître la pudeur entre les partenaires. Ainsi, une patiente de Catherine Solano avouait qu’après des années de mariage, elle qui avait toujours été rebutée par la fellation, aurait bien « essayé, pour voir ». Mais elle n’osait pas : « Mon mari ne comprendrait pas ! »
La promiscuité
Autre ennemi de l’entente sexuelle sur le long terme : la promiscuité. Selon Jean-Michel Fitremann, sexologue et psychothérapeute, « les partenaires qui passent tout leur temps libre ensemble risquent de ne plus se voir vraiment ; ils ne perçoivent plus l’autre comme un autre. Or, le désir naît de cette distance et de cette envie d’aller au plus près de l’intimité de l’autre ».

mercredi 16 septembre 2015

Couple : Etre fidèle pour durer ?

Pour réussir notre couple, soyons fidèles ? Nous sommes nombreux à estimer que la fidélité est le ciment de toute histoire d’amour. Mais pour Maryse Vaillant, psychoclinicienne, un couple qui dure sait avant tout résister aux crises, y compris à l’infidélité.


Tromper l’autre ou résister à la tentation… Tous, nous avons un jour été confrontés, à un moment ou à un autre de notre vie amoureuse, à cette interrogation. D’autant qu’aujourd’hui, être infidèle n’est plus considéré comme la transgression d’un interdit. Frasques des people, sites de rencontres pour personnes mariées… Dans notre société en apparence décomplexée, l’infidélité est même à la mode. La fidélité : une notion dépassée, une entrave à la liberté de chacun ? Pas si sûr. Pour 66% des Français, elle reste une « valeur indispensable » (selon un sondage CSA-Madame Figaro, juillet 2009). Une condition de réussite d’un couple. Alors pour durer, soyons fidèles ? « C’est une croyance populaire, analyse Maryse Vaillant, psychologue clinicienne. Mais elle ne reflète pas la réalité. Les couples qui sont ensemble depuis trente, quarante ans, sont avant tout des couples qui ont su survivre à des crises, parmi lesquelles des infidélités. C’est cela, un couple fort, qui dure. Je ne dis pas soyez fidèle ou infidèle. Mais essayez d’être vous-même. »



Fantasme et passage à l’acte

Au début de la relation, notre partenaire est notre seul objet de désir. Mais avec le temps, nous nous mettons de nouveau à regarder autour de nous et d’autres hommes, d’autres femmes, viennent alors affoler nos sens. Et pour cause : par essence, le désir est multiforme, complexe, imprévisible. Mais combien sommes-nous à culpabiliser à l’idée de rêver parfois à quelqu’un d’autre que notre conjoint ? Ou à se torturer à l’idée que s’il désire quelqu’un d’autre, c’est qu’il ne nous aime plus ? « Le désir n’est pas de l’amour, prévient Maryse Vaillant. Certains ont l’impression que ne plus penser à quelqu’un 24 heures sur 24, c’est ne plus l’aimer. Cet état hormonal est celui des débuts. Un couple est quelque chose de beaucoup plus complexe, fécond, profond. Et on peut être attiré par quelqu’un sans être pour autant infidèle à son ou sa partenaire et tout en continuant à aimer ce(tte) dernier(e) ». La clé : ne pas confondre tentation, fantasme, et passage à l’acte. Face à la manifestation de son désir, toute la question est de savoir ce que l’on va décider de faire : succomber ? Ou au contraire, trouver de la satisfaction à être un « résistant » ?

Etre fidèle, toute une vie ?

« Il y a deux manières de résister. On peut se dire ‘ce n’est pas vrai et tourner la page’. Mais c’est prendre le risque de se fermer, de perdre le désir, à commencer par celui pour son compagnon. De devenir un corps triste. Ou l’on peut se permettre de rêver, de se donner la liberté de ses envies, même, si à côté de soi, son mari est en train de dormir ». Laisser libre cours à ses fantasmes sans passer à l’acte : une bonne solution pour faire vivre son désir, selon Maryse Vaillant. « L’important, c’est de se dire que l’on a le droit à une vie intime qui n’appartient qu’à nous. Explorer de nouvelles sensations va nous enrichir et enrichira ensuite le couple ». Pour la psychoclinicienne, on peut être fidèle à quelqu’un toute une vie en s’offrant ces « voyages érotiques ». « Là, on peut être fidèle non seulement à son engagement, à sa parole, à l’amour, mais aussi à soi-même et à la fluctuation de ses désirs ».