Claude Habib, Alain Badiou, Marcela Iacub, Eva Illouz... La réflexion de
ces penseurs incarne les enjeux contemporains du sentiment amoureux.
Voici des idées à suivre et à méditer.
Claude Habib, professeure de littérature : Enraciner l’amour dans le temps
Ennemie des liens intenses et éphémères trop souvent portés au pinacle, Claude Habib défend la puissance et les vertus des amours profondes et paisibles.
« Quand l’histoire a pris son rythme de croisière, le regard sur l’autre peut certes se ternir avec l’habitude, mais vous allez aussi voir des choses qui échapperaient à l’amant ou à la maîtresse d’une nuit : ce grain de beauté qui surgit brusquement, seule une compagne de longue date pourra le remarquer, quand la passion d’un soir ne verra pas le détail qui a changé. Le mépris romantique à l’encontre de la stabilité est à mon sens idiot car, comme le souligne le philosophe Hume, quand nous sommes tranquillisés, notre acuité intellectuelle peut se déployer. »
Ennemie des liens intenses et éphémères trop souvent portés au pinacle, Claude Habib défend la puissance et les vertus des amours profondes et paisibles.
« Quand l’histoire a pris son rythme de croisière, le regard sur l’autre peut certes se ternir avec l’habitude, mais vous allez aussi voir des choses qui échapperaient à l’amant ou à la maîtresse d’une nuit : ce grain de beauté qui surgit brusquement, seule une compagne de longue date pourra le remarquer, quand la passion d’un soir ne verra pas le détail qui a changé. Le mépris romantique à l’encontre de la stabilité est à mon sens idiot car, comme le souligne le philosophe Hume, quand nous sommes tranquillisés, notre acuité intellectuelle peut se déployer. »
« Spontanément conjugaliste », l’essayiste soutient que l’amour se nourrit d’un quotidien harmonieusement partagé et se trouve préservé si l’on parvient à respecter deux préceptes : « Pas de scènes, pas d’adultères. » Ces règles étant sans doute plus faciles à tenir quand il n’y a pas d’enfants, concède-t-elle. Un amour paisible rend « plus clairvoyant à l’autre », tandis que les tourments passionnels déclenchent un retour névrotique au narcissisme et aux ego boursouflés.
Beaucoup de choses ont été écrites sur la passion aliénante, mais cela n’a rien à voir avec l’amour dont on fait le couple, d’après elle : « Il faut absolument différencier les passions mortelles et les amours vivables. Ces dernières, sources d’allégresse, aident à respirer et donnent confiance. »